La Délégation Permanente de l’Etat Plurinational de Bolivie auprès de l’UNESCO
a l’honneur de vous inviter au vernissage de l’exposition de Efrain Julio Avila Encinas
inspiré du poème « Anniversaire d’une vision »
de Jaime Sáenz Guzmán (1921-1996), romancier, conteur et poète, né à La Paz, Bolivie
Le jeudi 7 décembre 2017 à 19h
à la Maison de MAI, 27 rue Chabrol, 75010 Paris

 

 

A la vue de la rivière, que lave les maux des habitants et les maintient éveillés,
et qui creuse la fine écorce qui soutient la ville sous laquelle se cache un abîme,
Je ne m’adresserai pas à toi, pour un moment et je désire être dans ce que tu habites et en ce qui t’habite

_ et aussi en moi,
et percevoir la forme étroite et allongée de la mort, dans la substance humide et dure du cristal qui te sert d’habitat,
Et connaitre la façon d’être et ne pas être comme la mort, qui sait croitre de haut en bas

_ Je veux découvrir pourquoi nous sentons que nous bougeons, dans quel espace, dans quel endroit, à quelle distance bouge le mouvement
dans la quiétude dans laquelle le mouvement cherche un aller d’un endroit à l’autre sans avoir à se déplacer, et cherche à se réaliser dans l’immobilité et à l’intérieur de soi-même,
Comment la surface de ce fleuve et comment ses eaux, circulant lentement près de nous,
pour déboucher dans la mer, pour nous envoyer par le fond et nous sauver de la mort par l’absence de la mort, qui un instant auparavant ignorait notre vie,
celle qui voyage maintenant en elle et qui s’éloigne de nous.
le fleuve passe sourd et bruyant! _ Il se glisse et saute à travers les digues, à son fracas s’enflamment les
visions de grands animaux que nous voyons, lorsque tout seul nous nous déchargeons d’une certaine tristesse étrange,
Dans la transparence et dans l’oubli que le fleuve soulève et approfondit au milieu d’émanations méphitiques,
et au sifflement de l’air pur que l’Illimani a filtré et qui souffle sur notre penchant confus et impétueux,
Ces visions se combattent au milieu des soupirs et cherchent dans le tumulte des eaux, une quelconque vision qui la regarde et soupire pour elles,
_ Et, pendant ce temps nous respirons l’extrait de ce grand air, filtré, bleu et froid,
A l’heure des ombres, avec une pénétration perturbatrice, les émanations méphitiques nous transportent
à la mer, et nous diluent dans la sphère de la terre et l’éminence du ciel
_ Je te cherche,
et avec l’aube et les soupirs, près de la clarté des étoiles, la ville s’anime
_ Et passe le fleuve, tristement et il reste.